# Comment obtenir le meilleur taux de crédit pour son projet immobilier
L’acquisition d’un bien immobilier représente souvent l’investissement le plus important d’une vie. Dans un contexte où les taux de crédit immobilier oscillent autour de 3,18% à 3,39% selon la durée d’emprunt en février 2026, la recherche du meilleur financement devient un enjeu crucial pour votre pouvoir d’achat. Chaque dixième de point économisé sur le taux d’intérêt peut représenter plusieurs milliers d’euros d’économies sur la durée totale du prêt. Comprendre les mécanismes qui régissent les taux immobiliers, optimiser votre profil d’emprunteur et maîtriser les stratégies de négociation constituent les clés pour décrocher les conditions les plus avantageuses. Les établissements bancaires appliquent des grilles tarifaires différenciées selon les profils, et les meilleurs dossiers peuvent bénéficier de décotes significatives, avec des taux démarrant à 2,95% sur 15 ans pour les profils premium.
Décryptage du TAEG et du taux nominal dans le financement immobilier
La compréhension des différents taux appliqués à votre crédit immobilier constitue le premier pilier d’une démarche éclairée. Trop souvent, les emprunteurs se focalisent uniquement sur le taux d’intérêt nominal sans prendre en compte l’ensemble des coûts réels de leur financement. Cette approche partielle peut conduire à des choix sous-optimaux et à des surprises désagréables lors de la signature de l’offre de prêt. La réglementation européenne impose désormais une transparence accrue dans la présentation des offres de crédit, permettant aux consommateurs de comparer efficacement les propositions des différents établissements prêteurs.
Différences entre taux d’intérêt nominal et taux annuel effectif global
Le taux d’intérêt nominal représente uniquement la rémunération pure du prêteur, calculée sur le capital emprunté. C’est le pourcentage affiché dans les publicités bancaires et qui attire naturellement l’attention. Cependant, ce taux ne reflète qu’une partie du coût réel de votre emprunt. Le TAEG, quant à lui, intègre la totalité des frais obligatoires pour l’obtention du crédit : le taux nominal, les frais de dossier, le coût de la garantie, les frais d’assurance emprunteur, ainsi que tous les frais annexes imposés par la banque. En février 2026, un crédit au taux nominal de 3,27% sur 20 ans peut afficher un TAEG de 3,85% une fois tous les frais intégrés. Cette différence de 0,58 point représente plusieurs milliers d’euros sur la durée totale du prêt.
Impact des frais de dossier et de l’assurance emprunteur sur le TAEG
Les frais de dossier varient considérablement selon les établissements, oscillant généralement entre 500€ et 1500€ pour un prêt standard. Négociables dans la plupart des cas, ils peuvent être totalement supprimés pour les profils les plus attractifs ou dans le cadre d’offres promotionnelles. L’assurance emprunteur constitue souvent le deuxième poste de dépense après les intérêts, représentant entre 25% et 35% du coût total du crédit. Son coût varie selon votre âge, votre état de santé et votre profession. Pour un emprunt de 200 000€ sur 25 ans, l’assurance peut représenter entre 15 000€ et 30 000€ selon les contrats. La loi Lemoine de 2
L’assurance emprunteur constitue souvent le deuxième poste de dépense après les intérêts, représentant entre 25% et 35% du coût total du crédit. Son coût varie selon votre âge, votre état de santé et votre profession. Pour un emprunt de 200 000€ sur 25 ans, l’assurance peut représenter entre 15 000€ et 30 000€ selon les contrats. La loi Lemoine de 2022 permet désormais de résilier à tout moment votre assurance de prêt, sans frais, dès lors que le nouveau contrat présente un niveau de garanties équivalent. En pratique, faire jouer la concurrence sur l’assurance peut faire baisser le TAEG de 0,20 à 0,40 point, ce qui équivaut souvent à l’effort consenti par une banque pour accorder un « meilleur taux » nominal.
Lecture comparative des offres de prêt selon la directive européenne 2014/17/UE
La directive 2014/17/UE sur les crédits immobiliers impose aux banques européennes une présentation standardisée des offres de prêt, via la Fiche d’Information Standardisée Européenne (FISE). Ce document vous permet de comparer facilement plusieurs propositions, ligne par ligne, à montant et durée identiques. Vous y retrouvez notamment le TAEG, le coût total du crédit, le détail des frais obligatoires, ainsi que les conditions de remboursement anticipé.
Pour décrypter correctement une offre, concentrez-vous sur trois zones clés de la FISE : le bloc récapitulatif (montant, durée, TAEG), la section sur les coûts (frais de dossier, assurance, garantie) et la partie consacrée aux risques (taux variable, modulation d’échéances). Deux offres avec un taux nominal identique peuvent afficher des TAEG très différents si l’une inclut une assurance groupe chère et des frais de garantie élevés. En cas de doute, demandez à votre conseiller un comparatif chiffré sur toute la durée du crédit, en euros et non uniquement en pourcentages.
Calcul du coût total du crédit et tableaux d’amortissement
Le tableau d’amortissement est la « carte routière » de votre crédit immobilier : il détaille, mois par mois, la répartition entre capital remboursé et intérêts payés. Les premières années, la part d’intérêts est majoritaire, puis elle diminue progressivement au profit du capital. C’est ce qui explique que renégocier ou faire racheter son prêt est souvent plus intéressant durant le premier tiers de la durée d’emprunt.
Pour calculer le coût total de votre crédit, additionnez l’ensemble des intérêts versés, le coût de l’assurance emprunteur, les frais de dossier et les frais de garantie (hypothèque ou caution). Ne vous limitez pas au seul montant des mensualités : une mensualité légèrement plus élevée, sur une durée plus courte et avec un meilleur TAEG, peut réduire de plusieurs dizaines de milliers d’euros le coût global. Utiliser un simulateur de prêt immobilier ou demander à votre courtier plusieurs scénarios (15, 20 et 25 ans) vous aidera à visualiser concrètement l’impact de chaque paramètre.
Optimisation du profil emprunteur pour négocier un taux compétitif
Avant même de pousser la porte d’une agence bancaire, travailler votre profil emprunteur est l’une des stratégies les plus efficaces pour obtenir un bon taux de crédit immobilier. Les banques raisonnent en termes de risque : plus vous leur apparaissez fiable et solvable, plus elles accepteront de réduire leur marge. Vous disposez de plusieurs leviers concrets : votre taux d’endettement, votre historique bancaire, votre apport personnel et votre stabilité professionnelle.
Ratio d’endettement optimal et calcul du taux d’effort résiduel
Depuis les recommandations du HCSF, le taux d’endettement maximal de référence est fixé à 35% assurance comprise. Cela signifie que l’ensemble de vos mensualités de crédit (immobilier et consommation) ne doit pas dépasser 35% de vos revenus nets mensuels. Certaines banques peuvent déroger légèrement à cette règle pour les hauts revenus disposant d’un reste à vivre important, mais cela reste l’exception. Pour mettre toutes les chances de votre côté, viser un taux d’endettement entre 25% et 33% est souvent optimal.
En parallèle, les établissements examinent votre taux d’effort résiduel, c’est-à-dire le reste à vivre une fois les charges fixes payées. Deux ménages avec 33% d’endettement n’auront pas la même appréciation du risque si l’un dispose de 1 800€ de reste à vivre et l’autre de 800€. Avant de déposer votre dossier, calculez vos charges récurrentes (loyer, crédits en cours, pensions) et voyez si une renégociation ou un remboursement anticipé de petits crédits à la consommation peut faire baisser artificiellement votre endettement. Vous améliorerez ainsi mécaniquement les conditions de taux proposées.
Score de crédit FICP et consultation du fichier banque de france
Chaque banque est tenue de consulter le FICP (Fichier des Incidents de remboursement des Crédits aux Particuliers) tenu par la Banque de France avant d’accorder un prêt immobilier. Une inscription au FICP, même ancienne, est un signal d’alerte majeur pour les prêteurs et peut entraîner un refus automatique de financement. Avant de vous lancer dans votre projet, il est donc judicieux de vérifier votre situation en demandant gratuitement communication de vos données à la Banque de France.
Si vous avez connu par le passé des incidents de paiement, des découverts répétés ou des retards de crédit, il est préférable d’attendre que la situation soit régularisée et que votre inscription soit levée avant de déposer un dossier. Pensez aussi à soigner vos relevés de compte sur les 3 à 6 mois précédant votre demande : absence de découvert, pas de rejets de prélèvements, maîtrise des dépenses. Vous envoyez ainsi un signal positif aux algorithmes de scoring internes des banques, ce qui facilite l’obtention d’un taux compétitif.
Constitution d’un apport personnel de 10% à 20% du montant total
L’apport personnel reste l’un des critères les plus valorisés par les banques pour un crédit immobilier. En 2026, la plupart des établissements exigent au minimum 10% du montant total de l’opération pour couvrir les frais de notaire et de garantie. Un apport compris entre 15% et 20% permet souvent de basculer dans une grille de taux plus avantageuse, en particulier pour les durées de 15 et 20 ans. Concrètement, sur un bien à 250 000€, viser 25 000€ à 50 000€ d’apport peut faire baisser le taux proposé de 0,10 à 0,30 point.
Comment constituer cet apport ? Épargne régulière sur livret, PEL ou assurance-vie, participation aux bénéfices de l’entreprise, aide familiale (don, prêt intra-familial, avance de succession), voire déblocage anticipé d’un PEE lorsque la loi l’autorise. Un apport élevé joue un double rôle : il réduit le risque pour la banque et démontre votre capacité à épargner. À profil équivalent, c’est souvent le critère qui fait la différence entre un taux moyen de marché et un taux « premium ».
Stabilité professionnelle et ancienneté CDI comme leviers de négociation
La stabilité de vos revenus est au cœur de l’analyse bancaire. Un CDI hors période d’essai, avec au moins 1 à 2 ans d’ancienneté dans la même entreprise ou le même secteur, reste le profil le plus rassurant pour les prêteurs. Les fonctionnaires titulaires et certains cadres supérieurs bénéficient également d’un traitement privilégié. Si vous êtes dans ce cas, n’hésitez pas à mettre en avant votre ancienneté, la régularité de vos primes et vos perspectives d’évolution salariale lors des échanges avec votre conseiller.
Pour les travailleurs indépendants, professions libérales ou intermittents, la banque examinera plutôt vos 2 à 3 derniers bilans ou avis d’imposition. Là encore, une progression régulière du chiffre d’affaires et des revenus, une trésorerie d’entreprise solide et une absence d’incidents bancaires peuvent compenser l’absence de CDI. Le recours à un courtier habitué à défendre ces profils « atypiques » permet souvent d’accéder à des conditions de taux comparables à celles des salariés en CDI, à condition de présenter un dossier très structuré.
Stratégies de négociation auprès des établissements bancaires
Une fois votre profil optimisé, vient le temps de la négociation avec les banques. L’objectif n’est pas seulement d’obtenir le taux nominal le plus bas, mais de construire un financement global performant : TAEG compétitif, assurance emprunteur optimisée, frais annexes maîtrisés et conditions de remboursement souples. Pour y parvenir, vous devez mettre en concurrence plusieurs établissements et utiliser intelligemment les leviers réglementaires et commerciaux à votre disposition.
Mise en concurrence des offres : BNP paribas, crédit agricole et société générale
Les grands réseaux nationaux comme BNP Paribas, Crédit Agricole ou Société Générale disposent chacun de leurs propres grilles de taux, actualisées mensuellement en fonction de leurs objectifs commerciaux et de leur coût de refinancement. Selon les périodes, l’un peut être plus agressif sur les primo-accédants, un autre sur l’investissement locatif ou les profils à hauts revenus. D’où l’intérêt de ne jamais se limiter à « sa » banque historique pour un crédit immobilier.
Concrètement, sollicitez au moins trois à quatre établissements, idéalement de nature différente (banque de réseau, banque en ligne, caisse régionale). Présentez un dossier identique à chacun, avec le même montant, la même durée et les mêmes hypothèses d’assurance. Lorsque vous obtenez une offre écrite ou une simulation détaillée, utilisez-la comme base pour négocier avec la banque suivante. Les conseillers disposent souvent d’une marge de manœuvre de quelques dixièmes de point qu’ils ne dévoilent qu’en présence d’une offre concurrente tangible.
Délégation d’assurance emprunteur avec la loi lemoine 2022
La loi Lemoine, entrée en vigueur en 2022, a profondément changé la donne pour l’assurance emprunteur. Vous pouvez désormais changer d’assurance à tout moment, sans frais ni pénalités, à condition que le nouveau contrat présente un niveau de garanties au moins équivalent. Ce levier vous permet de découpler la négociation du taux de crédit de celle de l’assurance, et d’éviter les offres « packagées » parfois moins avantageuses.
Face à votre banque, vous pouvez adopter une double stratégie. D’une part, accepter l’assurance groupe dans un premier temps pour sécuriser un bon taux nominal, puis basculer vers une assurance individuelle moins chère quelques mois plus tard grâce à la délégation. D’autre part, présenter dès l’origine un devis d’assurance externe compétitif pour démontrer que vous maîtrisez le sujet et réduire votre TAEG. À la clé, des économies qui peuvent atteindre 10 000€ à 20 000€ sur la durée totale d’un prêt immobilier standard.
Négociation des frais annexes : garantie hypothécaire versus caution crédit logement
Au-delà du taux, les frais de garantie représentent un poste important dans le coût global de votre crédit immobilier. Deux grandes options dominent le marché : l’hypothèque (ou privilège de prêteur de deniers) et la caution d’un organisme spécialisé comme Crédit Logement, ou une société de cautionnement interne au réseau bancaire. L’hypothèque implique des frais de notaire et des coûts de mainlevée en cas de remboursement anticipé, tandis que la caution fonctionne comme une « mutualisation » des risques entre emprunteurs.
Dans de nombreux cas, la caution se révèle plus économique, surtout si vous envisagez un remboursement anticipé (revente, renégociation, rachat de crédit) avant le terme. Une partie de la somme versée peut d’ailleurs vous être restituée à la fin du prêt. Négocier, ce n’est donc pas seulement comparer les tarifs bruts, mais aussi demander à votre banque de vous orienter vers la solution de garantie la plus avantageuse pour votre projet et de consentir, le cas échéant, à une remise sur les frais de dossier ou de cautionnement.
Utilisation des mandats de courtage exclusifs et non-exclusifs
Lorsque vous faites appel à un courtier, vous signez généralement un mandat de courtage qui peut être exclusif ou non-exclusif. Un mandat exclusif signifie que vous confiez à un seul courtier la mission de trouver votre financement, et que vous vous engagez à ne pas démarcher directement les banques en parallèle. En contrepartie, le courtier est souvent plus motivé pour défendre votre dossier et obtenir des conditions de taux plus agressives auprès de ses partenaires, car il sait qu’il sera rémunéré en cas de succès.
Un mandat non-exclusif vous laisse davantage de liberté pour consulter simultanément plusieurs courtiers ou négocier vous-même avec certaines banques. Cette approche peut paraître séduisante, mais elle dilue parfois la force de frappe de chaque intermédiaire. Avant de signer, pesez le pour et le contre : si votre profil est « premium » et votre dossier simple, un mandat exclusif avec un courtier reconnu peut être un atout pour décrocher rapidement un excellent taux. Si votre situation est plus complexe, la diversification des interlocuteurs peut, au contraire, augmenter vos chances d’obtenir au moins une proposition favorable.
Rôle des courtiers en crédit immobilier dans l’obtention de taux préférentiels
Les courtiers en crédit immobilier occupent désormais une place centrale dans l’accès au financement. Ils agissent comme des « centrales d’achat » de taux pour le compte des particuliers, en capitalisant sur le volume d’affaires qu’ils apportent aux banques. Pour vous, l’enjeu est double : gagner du temps et accéder à des conditions tarifaires souvent meilleures que celles que vous pourriez négocier seul, surtout si vous ne connaissez pas les codes du marché.
Fonctionnement des plateformes comme meilleurtaux, empruntis et cafpi
Des plateformes comme Meilleurtaux, Empruntis ou Cafpi combinent une présence en ligne (simulateurs, formulaires de demande) et un réseau physique d’agences ou de partenaires. Vous remplissez un dossier unique détaillant votre projet (montant, type de bien, localisation) et votre profil (revenus, situation professionnelle, épargne, crédits en cours). Le courtier analyse ensuite votre capacité d’emprunt, identifie les points forts et les éventuelles faiblesses de votre dossier, puis interroge plusieurs banques partenaires.
Grâce à leur volume de dossiers traités chaque année, ces acteurs disposent d’une vision fine des grilles de taux en temps réel, par région et par profil. Ils savent vers quel établissement se tourner pour un primo-accédant, un investissement locatif, un couple de fonctionnaires, ou encore un travailleur indépendant. Au final, vous recevez une ou plusieurs offres pré-négociées, avec un taux et un TAEG généralement inférieurs à ceux que vous proposerait votre seule banque de domiciliation.
Accès aux grilles tarifaires spéciales courtiers et volumes d’apporteurs d’affaires
Les banques mettent en place des grilles tarifaires spécifiques pour les courtiers, distinctes de celles appliquées en agence. La raison est simple : un courtier apporte un volume important de dossiers pré-triés, ce qui réduit les coûts commerciaux et les risques de la banque. En contrepartie, l’établissement accepte de rogner sur sa marge en offrant des taux préférentiels, parfois 0,10 à 0,30 point en dessous des grilles « grand public ».
En tant qu’emprunteur, vous profitez donc indirectement de cet effet de volume. C’est un peu comme acheter en gros via un centrale d’achat plutôt qu’en détail : plus le courtier pèse lourd dans le chiffre d’affaires crédit de la banque, plus il peut négocier des conditions tendues. C’est particulièrement vrai dans les périodes où les établissements souhaitent relancer leur production de prêts immobiliers, par exemple après un ralentissement du marché.
Analyse comparative des frais de courtage fixe versus commission sur montage
Le recours à un courtier n’est pas totalement gratuit, même si ses honoraires ne sont dus qu’en cas de succès, c’est-à-dire à la signature effective du prêt. Deux grands modèles existent : les frais de courtage fixes (un montant forfaitaire, par exemple 1 000€) et la commission proportionnelle au montant financé (souvent entre 0,5% et 1% du capital emprunté, plafonnée). À ces honoraires s’ajoute la commission versée par la banque au courtier, qui ne vous est pas facturée directement.
Avant de vous engager, demandez une simulation précise intégrant le coût du courtage dans le TAEG et le coût total du crédit. Dans bien des cas, l’économie réalisée sur le taux et l’assurance compense largement les honoraires du courtier. Mais si votre dossier est très « facile » (fort apport, hauts revenus, profil premium) et que votre propre banque vous propose déjà un excellent taux, il peut être pertinent de comparer objectivement les deux solutions. L’important est de raisonner en coût global, sur toute la durée du crédit, et non uniquement sur le montant de la commission.
Timing et conjoncture économique pour sécuriser le meilleur taux
Obtenir un bon taux de crédit immobilier ne dépend pas seulement de votre profil et de votre capacité de négociation. Le contexte macroéconomique et le calendrier bancaire jouent également un rôle déterminant. Savoir décrypter la politique monétaire de la BCE, l’évolution des taux d’emprunt d’État (OAT 10 ans) et les cycles commerciaux des banques vous permet de choisir le moment opportun pour déposer votre dossier.
Surveillance des taux directeurs de la BCE et politiques monétaires
Les taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE) servent de référence au coût de refinancement des banques de la zone euro. Lorsque la BCE relève ses taux pour lutter contre l’inflation, le coût de l’argent augmente pour les établissements de crédit, qui répercutent progressivement cette hausse sur les taux immobiliers. À l’inverse, lorsqu’elle entame un cycle de baisse, les taux des nouveaux prêts tendent à se détendre quelques mois plus tard.
En 2024 et 2025, après une phase de remontée rapide des taux pour contenir l’inflation, la BCE a amorcé une stabilisation puis de premières baisses prudentes. En 2026, le marché immobilier se trouve ainsi dans une phase de relative accalmie, avec des taux autour de 3,2% à 3,4% selon les durées. Suivre les annonces de la BCE et les analyses économiques vous aide à arbitrer entre attendre une éventuelle nouvelle baisse, ou sécuriser rapidement un taux encore attractif avant un retournement de tendance.
Analyse de l’OAT 10 ans et corrélation avec les taux immobiliers
L’OAT 10 ans (Obligation Assimilable du Trésor à 10 ans) est le principal indicateur du coût d’emprunt de l’État français à long terme. Les banques l’utilisent comme référence pour fixer leurs taux fixes immobiliers, car il reflète le niveau de confiance des marchés et le prix de l’argent à long horizon. De manière simplifiée, quand le rendement de l’OAT 10 ans monte, les taux de crédit immobilier ont tendance à suivre, et inversement.
Surveiller l’évolution de l’OAT 10 ans vous donne donc un signal avancé de la direction probable des taux immobiliers dans les mois à venir. Si l’OAT se détend durablement, les banques disposent de plus de marge pour baisser leurs grilles. À l’inverse, une tension rapide sur l’OAT peut annoncer des hausses de taux à court terme. Un courtier ou un conseiller expérimenté peut vous aider à interpréter ces mouvements et à choisir le bon moment pour verrouiller votre taux via une offre de prêt.
Périodes propices à l’emprunt selon les cycles trimestriels bancaires
Au-delà des grandes tendances économiques, les banques fonctionnent avec des objectifs commerciaux trimestriels et annuels. En pratique, certaines périodes de l’année sont plus favorables à la négociation qu’autres. Par exemple, en fin de trimestre ou juste avant la clôture de l’exercice annuel, les établissements cherchant à atteindre leurs objectifs de production peuvent consentir des efforts supplémentaires sur les taux ou les frais annexes.
À l’inverse, en période de forte demande (par exemple au printemps, lorsque le marché immobilier est très dynamique), les marges de négociation peuvent se réduire. Il ne s’agit pas de retarder artificiellement votre projet, mais si vous êtes flexible sur le calendrier, caler votre demande de prêt sur une fenêtre favorable peut vous faire gagner quelques dixièmes de point de taux. N’hésitez pas à poser la question directement à votre conseiller ou à votre courtier : ils connaissent souvent les « temps forts » commerciaux de chaque banque.
Options de prêts et dispositifs gouvernementaux à taux bonifiés
Pour obtenir le meilleur taux de crédit immobilier, il ne suffit pas de négocier un bon taux bancaire classique. Il est souvent judicieux de combiner plusieurs types de prêts, notamment des dispositifs aidés par l’État ou les collectivités, qui proposent des taux bonifiés, voire nuls. Bien utilisés, ces prêts complémentaires viennent réduire le coût moyen de votre financement et peuvent améliorer votre capacité d’emprunt.
Prêt à taux zéro 2024 : plafonds de ressources et zones éligibles
Le Prêt à Taux Zéro (PTZ) est un dispositif phare pour les primo-accédants, prolongé et ajusté en 2024. Il permet de financer jusqu’à 40% du prix d’acquisition de votre résidence principale, sans payer d’intérêts sur cette fraction du capital. En contrepartie, son obtention est soumise à des plafonds de ressources, qui dépendent de la composition du foyer et de la zone géographique (A, B1, B2, C) où se situe le bien.
Les règles d’éligibilité ont été recentrées sur les zones tendues et les ménages aux revenus faibles ou intermédiaires. Si vous entrez dans les critères, intégrer un PTZ à votre plan de financement est un levier très puissant pour réduire le coût global de votre crédit. Sur un projet à 250 000€, un PTZ de 80 000€ combiné à un prêt principal à 3,2% fait mécaniquement baisser le taux moyen pondéré de votre financement. Là encore, un simulateur ou un courtier peuvent vous aider à optimiser la répartition entre PTZ et prêt classique.
Prêt action logement et prêt accession des collectivités locales
Le prêt Action Logement (ex « 1% logement ») s’adresse principalement aux salariés du secteur privé dont l’entreprise cotise à Action Logement. Il permet de bénéficier d’un prêt complémentaire à taux réduit, souvent entre 0,5% et 1,5%, dans la limite de plafonds variant selon la zone et la nature du projet (neuf, ancien, travaux). Ce financement vient en complément de votre prêt principal et du PTZ éventuel.
De nombreuses collectivités locales (régions, départements, métropoles, communes) proposent également des prêts accession ou des aides bonifiées pour encourager l’installation de nouveaux résidents ou la rénovation du parc ancien. Ces dispositifs peuvent prendre la forme de micro-prêts à taux faible, de subventions ou d’avances remboursables. Ils sont souvent cumulables avec un crédit immobilier classique et contribuent à améliorer le « mix » de taux de votre plan de financement. Renseignez-vous auprès de votre mairie, de l’ADIL de votre département ou de votre courtier pour identifier les aides disponibles sur votre territoire.
Prêt épargne logement : calcul des droits à prêt CEL et PEL
Les produits d’épargne logement (PEL et CEL) ouvrent droit, après une phase d’épargne minimale, à des prêts à taux réglementés. Historiquement très attractifs lorsque les taux de marché étaient élevés, ces prêts épargne logement ont vu leur compétitivité relative varier avec la remontée des taux depuis 2022. En 2026, ils peuvent toutefois rester intéressants pour certains profils, notamment si vous disposez d’un ancien PEL bénéficiant d’un taux contractuel avantageux.
Le montant du prêt épargne logement auquel vous pouvez prétendre dépend des intérêts acquis sur votre plan ou votre compte, et donc de la durée et du niveau de vos versements. En pratique, le prêt PEL ou CEL vient rarement financer la totalité de l’opération, mais constitue un complément à un prêt principal bancaire. Avant d’y renoncer, faites calculer précisément vos droits à prêt et comparez le taux obtenu avec les taux de marché du moment. Dans certains cas, intégrer un prêt épargne logement dans votre montage financier peut abaisser légèrement votre taux moyen global et faciliter l’obtention du meilleur financement pour votre projet immobilier.