# Prêt à taux zéro : conditions d’éligibilité et fonctionnementLe prêt à taux zéro (PTZ) représente un dispositif d’aide à l’accession à la propriété mis en place par l’État français pour faciliter l’acquisition d’une résidence principale. Ce mécanisme de financement sans intérêt constitue un levier essentiel pour les ménages modestes et intermédiaires souhaitant devenir propriétaires. Depuis sa création, ce prêt aidé a permis à des centaines de milliers de foyers d’accéder à la propriété immobilière dans des conditions financières avantageuses. Avec la prolongation du dispositif jusqu’en 2027 et les modifications apportées en 2025, le PTZ s’adapte continuellement aux réalités du marché immobilier français et aux objectifs de transition énergétique du gouvernement.## Qu’est-ce que le prêt à taux zéro et son cadre réglementaire PTZ 2025

Le prêt à taux zéro se définit comme un crédit immobilier dont les intérêts sont intégralement pris en charge par l’État. Contrairement à un prêt immobilier classique où vous devez rembourser le capital emprunté majoré des intérêts, le PTZ vous permet de ne rembourser que le montant exact emprunté. Cette particularité fait du PTZ un complément de financement particulièrement attractif pour votre projet d’acquisition immobilière.

Le cadre réglementaire du PTZ 2025 s’inscrit dans la continuité des réformes engagées depuis 2024, avec des modifications substantielles entrées en vigueur le 1er avril 2025. Ces changements visent à élargir l’accès au dispositif tout en maintenant l’objectif de soutien aux primo-accédants. Le dispositif est encadré par le Code de la construction et de l’habitation, notamment les articles L319-1 et suivants, qui définissent les conditions d’attribution et les modalités de fonctionnement de ce prêt aidé.

Depuis avril 2025, le PTZ connaît une extension géographique significative. Alors qu’auparavant certaines restrictions s’appliquaient selon les zones, le dispositif s’ouvre désormais à l’ensemble du territoire pour les logements neufs, qu’ils soient individuels ou collectifs. Cette évolution répond à une double préoccupation : stimuler le marché de la construction neuve tout en permettant à davantage de ménages d’accéder à la propriété, indépendamment de leur localisation géographique.

Le prêt à taux zéro ne constitue jamais un financement unique mais doit obligatoirement compléter un ou plusieurs autres prêts immobiliers d’une durée minimale de deux ans.

La SGFGAS (Société de gestion des financements et de la garantie de l’accession sociale à la propriété) joue un rôle central dans le dispositif. Cet établissement public administratif gère le financement du PTZ et établit les conventions avec les établissements bancaires habilités à distribuer ce prêt aidé. En 2024, on comptabilisait plus de 300 établissements financiers conventionnés, permettant ainsi une large accessibilité du dispositif sur l’ensemble du territoire français.

## Conditions d’éligibilité liées au profil de l’emprunteur

L’obtention d’un prêt à taux zéro nécessite de répondre à plusieurs critères stricts concernant votre situation personnelle et financière. Ces conditions visent à cibler les bénéficiaires prioritaires du dispositif et à garantir une utilisation optimale des fonds publics alloués à ce mécanisme d’aide à l’accession.

### Plafonds de ressources selon la composition du foyer et les zones géographiques A, A bis

Les plafonds de ressources du PTZ 2025 dépendent de deux paramètres : le nombre de personnes destinées à occuper le logement et la zone géographique dans laquelle se situe le bien (zones A, A bis, B1, B2 ou C). Concrètement, plus votre foyer est composé de personnes, plus le plafond de revenus autorisé est élevé, afin de tenir compte des charges supplémentaires. À l’inverse, plus la zone est “tendue” (prix élevés et forte demande), plus les plafonds sont hauts pour ne pas exclure la classe moyenne des grandes agglomérations.

Pour apprécier votre droit au prêt à taux zéro, la banque retient le montant de revenus le plus élevé entre votre revenu fiscal de référence N-2 cumulé (tous les occupants) et le revenu plancher, égal au coût total de l’opération TTC divisé par 9. Ce mécanisme évite, par exemple, qu’un ménage dont les revenus ont fortement augmenté depuis deux ans puisse bénéficier d’un avantage disproportionné. Si ce montant de référence dépasse les plafonds ci-dessous, vous ne pourrez pas obtenir de PTZ.

Nombre de personnes dans le foyer Zone A / A bis Zone B1 Zone B2 Zone C
1 49 000 € 34 500 € 31 500 € 28 500 €
2 73 500 € 51 750 € 47 250 € 42 750 €
3 88 200 € 62 100 € 56 700 € 51 300 €
4 102 900 € 72 450 € 66 150 € 59 850 €
5 117 600 € 82 800 € 75 600 € 68 400 €
6 132 300 € 93 150 € 85 050 € 76 950 €
7 147 000 € 103 500 € 94 500 € 85 500 €
8 et plus 161 700 € 113 850 € 103 950 € 94 050 €

En pratique, si vous êtes un couple avec un enfant (3 personnes) qui achète en zone B1, votre revenu de référence ne doit pas dépasser 62 100 €. Si votre revenu fiscal est inférieur à ce plafond mais que le coût de l’opération divisé par 9 dépasse ce montant, c’est ce dernier qui fera foi. Il est donc utile, avant même de déposer un dossier, de vérifier ces deux chiffres pour savoir si vous entrez bien dans les conditions de ressources du prêt à taux zéro.

Critère de primo-accession et exceptions pour les bénéficiaires de l’allocation aux adultes handicapés

Le prêt à taux zéro est réservé en priorité aux primo-accédants, c’est-à-dire aux ménages qui accèdent pour la première fois à la propriété de leur résidence principale. La règle générale est simple : vous ne devez pas avoir été propriétaire de votre résidence principale au cours des deux années précédant l’émission de l’offre de prêt. Ce critère s’apprécie au niveau de chaque co-emprunteur : si l’un d’eux a été propriétaire de sa résidence principale dans ce délai, le ménage n’est plus considéré comme primo-accédant.

Le législateur a toutefois prévu plusieurs exceptions, notamment pour les personnes en situation de handicap ou de grande vulnérabilité. Ainsi, vous pouvez bénéficier d’un PTZ même si vous avez été propriétaire au cours des deux dernières années si vous percevez l’allocation aux adultes handicapés (AAH) ou l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH), ou si vous êtes titulaire d’une carte mobilité inclusion (CMI) portant la mention « invalidité ». Dans ces cas, la logique est d’adapter le dispositif aux réalités de vie des ménages concernés, souvent confrontés à des coûts supplémentaires et à une capacité d’emprunt plus limitée.

Autre exception notable : les ménages dont la résidence principale a été rendue définitivement inhabitable par une catastrophe naturelle ou technologique (inondation, séisme, explosion industrielle…). Si vous vous trouvez dans cette situation, vous pouvez demander un PTZ pour racheter un logement à condition de déposer votre demande dans les deux ans suivant la publication de l’arrêté constatant la catastrophe. Le critère de primo-accession classique ne s’applique alors plus, ce qui vous permet de rebondir plus rapidement sur un nouveau projet immobilier.

Conditions de non-propriété sur les deux années précédant l’offre de prêt

En dehors des exceptions évoquées, la condition de non-propriété s’apprécie de manière stricte sur les deux années qui précèdent la date d’émission de l’offre de prêt à taux zéro. Cela signifie que vous ne devez pas avoir été plein propriétaire, usufruitier ou occupant à titre de résidence principale d’un logement vous appartenant. Il est cependant possible d’avoir détenu un bien mis en location ou un logement dont vous n’étiez que nu-propriétaire, tant que ce bien ne constituait pas votre résidence principale.

Comment cette période est-elle calculée ? La banque se base sur les dates figurant sur vos avis d’imposition et éventuellement sur vos justificatifs de logement (bail, quittances de loyer, attestation d’hébergement). Si vous avez vendu votre ancienne résidence principale il y a un an seulement, vous devrez encore patienter jusqu’à atteindre les deux années complètes de non-propriété, sauf à entrer dans l’un des cas dérogatoires (handicap, catastrophe, etc.). Cette règle peut paraître contraignante, mais elle garantit que le prêt à taux zéro reste bien un outil d’accession à la propriété, et non un mécanisme de rotation rapide d’investissements immobiliers.

À noter également : si vous étiez propriétaire uniquement de l’usufruit ou de la nue-propriété de votre logement principal dans le cadre d’un démembrement, vous pouvez, dans certains cas, être assimilé à un primo-accédant pour le PTZ. Il est alors indispensable de présenter à la banque les actes notariés précisant la répartition des droits (usufruit, nue-propriété, pleine propriété) pour qu’elle puisse trancher sur votre éligibilité.

Justificatifs fiscaux requis : avis d’imposition et revenu fiscal de référence

Pour vérifier le respect des plafonds de ressources et de la condition de non-propriété, l’établissement prêteur vous demandera un certain nombre de pièces justificatives. Le document central est votre avis d’imposition N-2, c’est-à-dire celui établi deux ans avant l’année de l’offre de prêt. Pour une offre émise en 2025, vous devez fournir l’avis d’impôt 2024 sur les revenus 2023, pour vous et pour toute personne destinée à occuper le logement qui dispose d’un foyer fiscal distinct.

Sur cet avis d’imposition, la banque va regarder principalement votre revenu fiscal de référence (RFR), indiqué en bas de page, ainsi que votre situation de propriétaire ou non-propriétaire. Si certains occupants ont des revenus à l’étranger ou n’ont pas encore d’avis d’imposition français (retour de l’étranger, première installation), des justificatifs complémentaires pourront être exigés : contrats de travail, bulletins de salaire, attestations d’allocations ou certificats fiscaux étrangers traduits.

Dans certains montages complexes (co-emprunteurs non mariés, enfants majeurs rattachés ou non au foyer fiscal), il est fréquent que la banque demande des pièces supplémentaires pour bien reconstituer le revenu global du ménage. Prenez le temps de rassembler ces documents en amont : un dossier PTZ complet facilite l’instruction et évite les allers-retours qui peuvent retarder votre signature chez le notaire. Et si un montant vous semble incohérent sur l’avis d’imposition, il est préférable de demander rapidement une correction à l’administration fiscale plutôt que d’attendre le blocage de votre prêt.

Caractéristiques techniques du bien immobilier éligible au PTZ

Au-delà de votre profil d’emprunteur, le bien immobilier lui-même doit respecter plusieurs critères techniques pour ouvrir droit au prêt à taux zéro. Le législateur ne se contente pas de financer “n’importe quel logement” : l’objectif est de favoriser des biens performants sur le plan énergétique, situés dans des zones où l’accession à la propriété est un enjeu réel, et présentant un niveau de qualité minimal. Selon que vous achetez un logement neuf ou un logement ancien avec travaux, les conditions d’éligibilité au PTZ ne seront pas exactement les mêmes.

Logement neuf conforme à la réglementation thermique RT 2012 ou RE 2020

Pour être éligible au prêt à taux zéro dans le neuf, votre logement doit être assimilé à un “logement neuf” au sens fiscal et respecter les réglementations thermiques en vigueur au moment du dépôt du permis de construire. Concrètement, il s’agit des normes RT 2012 pour les permis plus anciens et de la RE 2020 pour la majorité des constructions actuelles. Ces réglementations imposent des exigences strictes en matière d’isolation, de consommation énergétique et, avec la RE 2020, d’empreinte carbone globale du bâtiment.

Les logements concernés peuvent être achetés en VEFA (vente en l’état futur d’achèvement), construits par un constructeur de maison individuelle ou livrés “clé en main” par un promoteur. Ils doivent être destinés à votre résidence principale et n’avoir jamais été occupés auparavant, sauf cas particuliers de revente très rapide après achèvement. En pratique, l’attestation de conformité à la RT 2012 ou à la RE 2020 et le permis de construire suffisent à la banque pour vérifier cet aspect technique.

On peut comparer cette exigence à un contrôle technique automobile renforcé : vous ne financez pas seulement une “carrosserie”, mais un ensemble aux performances énergétiques garanties. Ce critère est aussi dans votre intérêt, car un logement neuf respectant la RE 2020 offrira, à long terme, des charges de chauffage réduites et une meilleure valeur de revente, ce qui sécurise à la fois votre budget et votre patrimoine.

Ancien avec travaux représentant au moins 25% du coût total de l’opération

Dans l’ancien, le prêt à taux zéro ne peut pas financer un simple achat “clé en main” sans travaux en zones tendues. Le dispositif est réservé aux biens anciens situés en zones B2 et C, à condition d’y réaliser des travaux de rénovation importants. Ces travaux doivent représenter au moins 25 % du coût total de l’opération (acquisition + travaux). Si vous achetez un logement 160 000 € et que vous prévoyez 40 000 € de travaux, la part travaux représente 20 % seulement : vous ne serez pas éligible au PTZ dans cette configuration.

Les travaux admissibles sont principalement :

  • les travaux d’amélioration (création ou aménagement de surfaces habitables, modernisation, assainissement, mise aux normes) ;
  • les travaux d’économies d’énergie (isolation, changement de système de chauffage, ventilation performante…), à condition qu’ils ne soient pas financés par un éco-PTZ distinct pour la même opération.

Au-delà du montant, un niveau minimal de performance énergétique est exigé : le diagnostic de performance énergétique (DPE) après travaux doit atteindre au moins la classe D, ou attester d’une consommation inférieure à 331 kWh/m²/an pour les diagnostics antérieurs. En d’autres termes, il ne s’agit pas uniquement de “rafraîchir” le logement, mais de le transformer en un bien beaucoup plus sobre en énergie. C’est un peu comme rénover une vieille voiture : changer seulement la peinture ne suffit pas, il faut aussi travailler sur le moteur et la consommation.

Vente HLM et acquisition d’un logement social existant

Le prêt à taux zéro peut également s’appliquer à l’achat d’un logement social existant, vendu par un organisme HLM (habitation à loyer modéré). Dans ce cas, les règles d’éligibilité diffèrent légèrement, notamment en ce qui concerne le zonage et la quotité financée. Que le logement soit ou non situé en zone B2 ou C, l’achat via une vente HLM peut ouvrir droit au PTZ, ce qui en fait une opportunité intéressante pour les locataires du parc social souhaitant devenir propriétaires de leur logement.

Deux grandes situations se présentent :

  1. Vous êtes locataire du logement HLM mis en vente (ou un membre de votre famille proche : conjoint, ascendant, descendant) et vous l’occupez depuis au moins deux ans. Sous réserve de respecter les plafonds de ressources, vous pouvez bénéficier d’un PTZ pouvant financer jusqu’à 20 % du coût de l’opération.
  2. Le logement est vacant mais vendu par un bailleur social : l’acquéreur doit alors, le plus souvent, être locataire d’un logement du même bailleur dans le département ou répondre à des plafonds de ressources spécifiques (souvent ceux du prêt locatif intermédiaire ou du prêt locatif social).

Dans ces montages, le prêt à taux zéro vient souvent en complément d’autres avantages liés au statut HLM : décote sur le prix de vente par rapport au marché, exonération de taxe foncière temporaire, voire TVA réduite sur certaines opérations. Si vous êtes concerné, il est vivement recommandé de solliciter à la fois votre bailleur social et votre banque pour étudier le meilleur plan de financement combinant PTZ et autres aides.

Localisation du bien et zonage ABC selon le décret du 30 septembre 2014

Le zonage ABC, défini par l’arrêté du 1er août 2014 modifié (souvent référencé comme “décret du 30 septembre 2014” dans la pratique), classe les communes françaises en cinq catégories : A bis, A, B1, B2 et C. Ce classement tient compte du déséquilibre entre l’offre et la demande de logements, autrement dit de la tension du marché immobilier local. Les zones A bis et A correspondent aux secteurs les plus chers (Paris, petite couronne, littoral azuréen, certaines grandes métropoles), tandis que la zone C regroupe le reste du territoire où l’offre est jugée suffisante.

Pourquoi ce zonage est-il tellement important pour le PTZ ? Parce qu’il conditionne à la fois :

  • les plafonds de ressources applicables à votre foyer ;
  • les plafonds de coût d’opération pris en compte pour le calcul du prêt ;
  • et, dans certains cas, le type d’opération éligible (neuf ou ancien avec travaux, maison individuelle ou collectif).

Par exemple, dans l’ancien avec travaux, seules les zones B2 et C sont éligibles (hors cas des ventes HLM), tandis que dans le neuf, le PTZ est désormais accessible partout, y compris pour les maisons individuelles à partir d’avril 2025. Avant de vous projeter sur un bien, il est donc essentiel de vérifier la zone de la commune via les simulateurs officiels ou les outils proposés par des organismes comme l’ANIL : une même maison à quelques kilomètres de distance ne donnera pas forcément lieu au même montant de PTZ.

Modalités de calcul du montant du prêt à taux zéro

Une fois votre éligibilité vérifiée, la grande question est souvent : “Combien puis-je emprunter avec le PTZ ?” Le calcul du montant du prêt à taux zéro repose sur trois éléments principaux : la quotité maximale applicable à votre cas, le plafond de coût d’opération retenu selon la zone et la taille du foyer, et la complémentarité avec le prêt principal. L’ensemble forme un “puzzle financier” que votre banque va assembler pour optimiser votre plan de financement, tout en respectant la réglementation.

Quotité maximale du PTZ par rapport au coût total de l’acquisition

La quotité désigne la part maximale du coût total de l’opération qui peut être financée par le PTZ. Depuis la réforme 2024-2025, cette quotité varie selon la nature du logement (neuf collectif, neuf individuel, ancien avec travaux, vente HLM) et votre tranche de revenus. Elle peut aller jusqu’à 50 % du coût de l’opération pour les ménages les plus modestes achetant un logement collectif neuf ou un ancien avec travaux en zone B2 ou C.

Pour déterminer votre tranche, on divise le montant de vos revenus de référence par un coefficient familial (1 pour une personne, 1,5 pour 2 personnes, 1,8 pour 3, 2,1 pour 4, 2,4 à partir de 5). Le résultat est ensuite comparé à un barème par zone pour vous positionner en tranche 1, 2, 3 ou 4. Plus la tranche est basse (revenus modestes), plus la quotité de PTZ est élevée. Par exemple, en tranche 1 :

Tranche 1 (revenus les plus modestes) : jusqu’à 50 % du coût de l’opération en collectif neuf ou ancien avec travaux, et 30 % en maison individuelle neuve.

Imaginons un couple avec un enfant achetant un appartement neuf collectif de 220 000 € en zone B1, et appartenant à la tranche 1 : le coût de l’opération pris en compte étant plafonné à 243 000 € pour 3 personnes, ils pourront, en théorie, prétendre à un PTZ de 220 000 € x 50 % = 110 000 €, sous réserve que les autres contraintes (montant du prêt principal, taux d’endettement, etc.) soient respectées.

Application du plafond d’opération selon le nombre d’occupants et la zone géographique

Le coût total de l’opération (prix d’achat, frais de construction, travaux, honoraires d’agence) n’est pas pris en compte intégralement pour le calcul du prêt à taux zéro. Il est plafonné selon la taille du foyer et la zone géographique. Autrement dit, même si votre projet coûte plus cher, le montant du PTZ est calculé comme si vous achetiez au plafond. Ce mécanisme permet de concentrer l’aide publique sur un niveau de prix considéré comme “référence”.

Nombre d’occupants Zone A / A bis Zone B1 Zone B2 Zone C
1 150 000 € 135 000 € 110 000 € 100 000 €
2 225 000 € 202 500 € 165 000 € 150 000 €
3 270 000 € 243 000 € 198 000 € 180 000 €
4 315 000 € 283 500 € 231 000 € 210 000 €
5 et plus 360 000 € 324 000 € 264 000 € 240 000 €

Si vous êtes un couple sans enfant en zone C et que votre projet coûte 190 000 €, la base de calcul du PTZ sera limitée à 150 000 €. Même si la quotité applicable est de 40 %, votre PTZ maximal sera de 150 000 € x 40 % = 60 000 €. Ce plafond peut parfois frustrer les acheteurs dans les secteurs où les prix sont élevés, mais il permet, en retour, de rendre le dispositif plus généreux pour les opérations de taille moyenne dans des marchés moins tendus.

Part minimale d’apport personnel et complémentarité avec le prêt principal

Le prêt à taux zéro ne peut pas financer seul l’intégralité de votre projet immobilier. La réglementation impose que le montant du PTZ ne dépasse pas le montant du ou des autres prêts de durée supérieure à deux ans. Pour les tranches 2, 3 et 4, le PTZ doit rester inférieur ou égal au montant cumulé du prêt principal. Pour la tranche 1, plus favorable, le PTZ peut représenter jusqu’à 25 % de plus que le montant du ou des autres prêts (soit un ratio PTZ / prêt principal de 1,25 maximum).

Concrètement, si votre PTZ théorique est de 50 000 € en tranche 1, votre autre prêt immobilier de plus de 2 ans doit être d’au moins 40 000 €. Vous pouvez bien sûr compléter avec de l’apport personnel, mais celui-ci ne compte pas dans ce ratio. Cette règle évite qu’un ménage finance presque tout son achat avec un PTZ et un apport important, sans véritable prêt amortissable classique, ce qui irait à l’encontre de la vocation du dispositif.

Du point de vue de votre budget, l’idéal est de construire un plan de financement équilibré : un PTZ au maximum de ce qui est possible, un prêt principal ajusté à votre capacité de remboursement, et un apport mobilisé avec parcimonie pour conserver une épargne de précaution. On peut assimiler ce montage à un tabouret à trois pieds : si l’un des pieds (PTZ, prêt principal, apport) est trop court ou trop long, l’ensemble devient instable. D’où l’importance d’un échange approfondi avec votre conseiller bancaire ou un courtier pour calibrer chaque composante.

Durée de remboursement et différé d’amortissement du PTZ

Autre avantage majeur du prêt à taux zéro : son mode de remboursement particulièrement souple. Le PTZ se rembourse sur une durée totale pouvant aller jusqu’à 25 ans, avec une première phase de différé d’amortissement pendant laquelle vous ne remboursez pas de capital. Cette architecture permet, dans les premières années, de limiter vos mensualités globales en concentrant vos efforts sur le prêt principal, souvent plus coûteux en intérêts.

Calcul de la période de différé selon les tranches de revenus

La durée du différé de remboursement du PTZ dépend directement de votre tranche de revenus. Plus vos ressources sont modestes (tranche 1), plus le différé est long, afin d’alléger au maximum votre charge de remboursement au début du crédit. À l’inverse, pour les ménages de la tranche 4, il n’y a pas de différé : le remboursement du PTZ commence immédiatement, en même temps que celui du prêt principal.

Tranche de revenus Période de différé Période d’amortissement Capital différé
Tranche 1 10 ans 15 ans 100 % du capital
Tranche 2 8 ans 12 ans 100 % du capital
Tranche 3 2 ans 13 ans 100 % du capital
Tranche 4 0 an 10 ans 0 % (pas de différé)

Pendant la période de différé, vous ne remboursez pas le capital du PTZ. Vous payez uniquement l’assurance emprunteur éventuelle associée à ce prêt, si la banque l’exige. Cela peut représenter plusieurs centaines d’euros économisés chaque mois par rapport à un prêt classique de même montant. Lorsque le différé prend fin, les mensualités du PTZ viennent s’ajouter à celles de vos autres crédits, ce qui explique l’augmentation ressentie de la charge de remboursement à mi-parcours.

Durée totale de remboursement allant de 20 à 25 ans

La durée totale de remboursement du prêt à taux zéro varie donc entre 10 et 25 ans selon votre situation, mais dans la pratique, la plupart des PTZ s’étalent sur 20 à 25 ans. Cette durée ne peut pas excéder la plus longue durée parmi vos autres prêts immobiliers de plus de 2 ans. Si votre prêt principal est sur 20 ans, votre PTZ ne pourra pas être plus long, même si votre tranche de revenus permettrait en théorie une durée de 25 ans.

Pour un ménage en tranche 1, la durée standard est de 25 ans (10 ans de différé + 15 ans d’amortissement). Pour un ménage en tranche 4, la durée est de 10 ans sans différé. Entre ces deux extrêmes, le calibrage permet de lisser votre effort dans le temps. Vous l’aurez compris : le prêt à taux zéro, malgré l’absence d’intérêts, reste un crédit de long terme qu’il faut intégrer pleinement dans vos perspectives de carrière, de famille et de mobilité.

Lors de la négociation avec votre banque, vous pouvez parfois demander à réduire légèrement la durée d’amortissement du PTZ (dans la limite de deux ans) pour adapter vos mensualités à un projet précis (remboursement anticipé d’un autre prêt, départ à la retraite, etc.). Là encore, le plus pertinent est souvent de simuler plusieurs scénarios pour visualiser l’impact sur votre budget mensuel et le coût global de l’opération.

Tableau d’amortissement progressif et mensualités variables

Le prêt à taux zéro fait l’objet, comme tout crédit immobilier, d’un tableau d’amortissement détaillé remis avec votre offre de prêt. Celui-ci précise, mois par mois, le capital restant dû, les échéances prévues et la répartition entre assurance éventuelle et remboursement du capital. La particularité du PTZ est que ses mensualités sont nulles pendant le différé (hors assurance), puis augmentent soudainement à la fin de cette période, au moment où commence l’amortissement.

Imaginez votre plan de financement comme un escalier : les premières marches (les premières années) sont plus faciles à gravir grâce au différé de PTZ, puis la marche devient plus haute au moment où ce crédit entre en remboursement. C’est pourquoi les banques proposent souvent un montage dit de lissage : elles ajustent le profil de remboursement du prêt principal pour que la somme des mensualités (PTZ + prêt principal) reste aussi stable que possible dans le temps, évitant ainsi une “marche financière” trop brutale.

Avant de signer, prenez le temps de regarder attentivement à quelle date vos mensualités globales augmenteront avec l’entrée en amortissement du PTZ. Cette date doit rester compatible avec vos projets : naissance d’un enfant, diminution de revenus, changement de travail… Une bonne anticipation vous évitera de mauvaises surprises et vous permettra de profiter pleinement de l’effet levier du prêt à taux zéro.

Démarches administratives et organismes prêteurs agréés

Pour bénéficier du prêt à taux zéro, vous devez suivre un parcours administratif spécifique, en parallèle de votre demande de prêt immobilier classique. Même si la plupart des démarches sont centralisées par votre banque, mieux vaut comprendre les grandes étapes pour constituer un dossier complet, anticiper les délais et, au besoin, comparer les offres de plusieurs établissements conventionnés.

Établissements bancaires partenaires : crédit agricole, société générale, CIC et crédit mutuel

Le PTZ n’est pas distribué par tous les acteurs du crédit, mais uniquement par les établissements qui ont signé une convention avec l’État via la SGFGAS. En pratique, la quasi-totalité des grandes banques de détail et de nombreuses banques en ligne proposent ce dispositif : Crédit Agricole, Société Générale, CIC, Crédit Mutuel, BNP Paribas, Caisse d’Épargne, Banque Populaire, etc. Certaines caisses régionales ou banques spécialisées publient d’ailleurs sur leur site des fiches détaillées expliquant leurs conditions spécifiques pour le PTZ.

Chaque établissement reste libre d’apprécier votre solvabilité et vos garanties. Autrement dit, même si vous remplissez parfaitement les critères réglementaires du prêt à taux zéro, la banque peut refuser de vous l’accorder si votre profil lui paraît trop risqué (taux d’endettement élevé, revenus instables, absence d’apport, fichage bancaire…). D’où l’intérêt, le cas échéant, de solliciter plusieurs banques ou de passer par un courtier pour optimiser vos chances d’obtenir un financement intégrant un PTZ.

À profil équivalent, ce n’est pas tant le PTZ qui va différer d’une banque à l’autre (car ses paramètres sont fixés par la loi), mais plutôt les conditions du prêt principal : taux d’intérêt, frais de dossier, coût de l’assurance emprunteur, souplesse en cas de remboursement anticipé. Il est donc pertinent de comparer les offres “globales” en prenant en compte l’ensemble du montage, pas seulement le montant de prêt à taux zéro.

Constitution du dossier de demande auprès de la banque

La constitution d’un dossier de PTZ s’effectue en même temps que votre dossier de prêt immobilier classique. Votre conseiller vous demandera un ensemble de pièces justificatives permettant de vérifier à la fois vos ressources, votre statut de primo-accédant et la conformité du bien. De manière générale, prévoyez :

– vos pièces d’identité en cours de validité (carte nationale d’identité, passeport ou titre de séjour) ;– vos avis d’imposition N-2 (et parfois N-1) pour chaque emprunteur et occupant majeur ;– vos trois derniers bulletins de salaire et/ou attestations d’allocations ;– vos relevés de comptes bancaires récents ;– un justificatif de votre situation de logement actuelle (bail, quittances de loyer, attestation d’hébergement, taxe foncière si vous êtes déjà propriétaire d’un autre bien non résidence principale) ;– les pièces relatives au bien : compromis ou promesse de vente, contrat de réservation VEFA, plan de financement des travaux, devis détaillés, diagnostic de performance énergétique, permis de construire pour le neuf, etc.

Pour la partie “travaux” dans l’ancien, la banque exigera souvent une attestation sur l’honneur précisant que les travaux envisagés représentent bien au moins 25 % du coût total de l’opération, accompagnée de devis et, plus tard, des factures correspondantes. Les entreprises qui interviennent devront généralement être qualifiées RGE pour les travaux de performance énergétique. Plus votre dossier sera complet et structuré dès le départ, plus le traitement sera rapide et fluide.

Délai légal de rétractation de 10 jours après réception de l’offre de prêt

Une fois votre dossier accepté, la banque vous adresse une offre de prêt unique, qui intègre à la fois le prêt principal et le PTZ. Cette offre est encadrée par le Code de la consommation : vous disposez d’un délai légal de 10 jours calendaires pour la consulter, en discuter avec votre notaire ou votre conseiller, et éventuellement la comparer à d’autres propositions. Vous ne pouvez l’accepter qu’à partir du 11ᵉ jour suivant sa réception, par courrier daté et signé.

Ce délai de réflexion s’applique à l’ensemble des prêts composant votre financement, y compris le prêt à taux zéro. Il a pour objectif de vous protéger contre les décisions précipitées : en cas de doute sur une clause, un taux ou une condition suspensive, prenez le temps de poser toutes vos questions avant de renvoyer l’offre signée. Si, finalement, vous décidez de ne pas donner suite, aucune pénalité ne peut vous être réclamée à ce stade.

Après acceptation de l’offre, la banque procède aux derniers contrôles (conditions suspensives du compromis, assurance emprunteur, garantie) puis débloque les fonds selon l’échéancier prévu (à la signature de l’acte authentique, puis en fonction de l’avancement des travaux en VEFA ou construction). Vous êtes alors pleinement engagé dans votre projet immobilier, avec la sécurité d’un financement comprenant un prêt à taux zéro optimisé pour votre profil et votre bien.